HAUSSE DE LA TEOM EN DRACÉNIE : L'ARDOISE DES MAUVAIS CHOIX STRATÉGIQUES

Face à la colère suscitée par l'explosion de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), la présidence de l'Agglomération dracénoise tente un exercice d'équilibrisme bien difficile : nous faire croire que cette décision brutale était une fatalité incontournable.
À Trans-en-Provence, le taux passe de 12,60 % à 16 %, soit une augmentation de 3,40 points et de près de 27 %.
Une hausse considérable qui ne tombe pas du ciel. Elle intervient dans un contexte où les choix de gestion et l'abandon de projets structurants soulèvent de sérieuses interrogations.
La réalité est donc plus douloureuse que le discours officiel ne le laisse entendre : les habitants doivent aujourd'hui supporter une fiscalité alourdie, alors même que les solutions de traitement des déchets restent un problème majeur pour le territoire.
UN ENFUMAGE BUDGÉTAIRE ?

Dans la presse, le président de l'Agglomération soutient qu'il était impossible de continuer à financer le service des ordures ménagères par le budget général, qualifiant cette pratique de « ponction » non pérenne.
Pourtant, sur le plan juridique, le financement d'un service public administratif par le budget général n'est pas, par principe, interdit. Il existe donc des arbitrages budgétaires et politiques qui méritent d'être expliqués aux contribuables.
La question n'est pas simplement de savoir si une hausse était nécessaire. Elle est aussi de comprendre pourquoi les habitants doivent en supporter une d'une telle ampleur et quelles responsabilités ont conduit à cette situation.
Car le véritable sujet ne se limite pas à une ligne budgétaire : il concerne les choix stratégiques effectués ces dernières années et leurs conséquences financières.
L'ARDOISE D'UN PROJET AVORTÉ
Parmi les dossiers qui appellent des explications figure l'abandon du Pôle de Transition Environnementale (PTE) de Draguignan.
Ce projet, porté par la Dracénie Provence Verdon agglomération sous la présidence de Richard Strambio, prévoyait notamment une unité de valorisation énergétique. La construction et l'exploitation avaient été attribuées à un groupement associant Paprec Énergies et Pizzorno Environnement.
L'investissement envisagé atteignait environ 130 millions d'euros.
Mais le projet a été abandonné en 2025. Une décision qui soulève nécessairement des questions sur les dépenses déjà engagées, les conditions de résiliation des contrats et les conséquences financières pour la collectivité.
Des estimations avancées dans le débat public évoquent une facture d'au moins 5 millions d'euros. Ce montant doit toutefois être rapproché des pièces comptables et des éléments contractuels permettant d'en établir précisément la composition.
Une chose est certaine : renoncer à un équipement de cette ampleur ne règle pas, à lui seul, la question du traitement des déchets. Il faut désormais trouver d'autres solutions, avec leurs propres coûts.
Et ce sont les contribuables qui attendent des réponses.
PLUS DE TAXES, MAIS QUEL SERVICE ?

La hausse de la TEOM intervient également dans un contexte de contestation des modalités de collecte.
La généralisation des points d'apport volontaire conduit certains habitants à devoir se déplacer pour déposer leurs déchets. Cette évolution peut être vécue comme une dégradation du service, particulièrement lorsque les distances deviennent importantes.
D'où une interrogation parfaitement légitime : comment expliquer aux administrés qu'ils doivent payer davantage tout en étant parfois contraints de parcourir une distance supplémentaire pour se débarrasser de leurs déchets ?
L'effort fiscal demandé aux ménages devrait au minimum s'accompagner d'une information transparente sur les coûts du service, les économies réalisées et les résultats effectivement obtenus.
INCOMPÉTENCE OU CYNISME POLITIQUE ?

Présenter une augmentation fiscale de cette ampleur comme une simple nécessité administrative ne saurait suffire. Les contribuables sont en droit de demander des explications sur les choix effectués, les solutions alternatives étudiées et les conséquences de l'abandon du PTE.
On ne peut pas se contenter d'invoquer les coûts de collecte, les taxes nationales ou les règles de comptabilité publique sans rendre compte des décisions prises et de leurs résultats.
Lorsqu'une collectivité engage des projets de cette dimension, elle doit anticiper les risques, mesurer les conséquences financières et informer les habitants lorsque ses orientations changent.
Les Dracéniens et les Transians n'ont pas vocation à devenir la variable d'ajustement des décisions intercommunales.
La question demeure donc entière : cette hausse était-elle réellement inévitable dans son ampleur, ou résulte-t-elle aussi de choix de gestion dont les contribuables font aujourd'hui les frais ?
La présidence de l'Agglomération doit des réponses précises aux habitants. Pas seulement une facture.




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