LE SECRET DES DRUIDES TRANSIANS : MESSE BASSE, ENTRE SOI ET SOUPE DE SOUCHE

Une rumeur digne du Da Vinci Code agite notre paisible commune. Un mystérieux conclave secret s'est récemment tenu dans l'arrière-boutique d'un commerce transian qui fait aussi office, à ses heures perdues, de café-restaurant. Si la salle de bistrot était parfaitement profane, les convives, eux, s’apparentaient plutôt à une caste d'élus divins.
Autour des tables se pressait la crème de la crème de la majorité municipale, flanquée d’un échantillon trié sur le volet de vieilles familles locales de pure « souche » transiane, par un ex-bristrotier bien connu des tribunaux de commerce. Une sainte alliance du clocher et du bulletin de vote. Un vrai synode de faux-frères. Ou de moines aux bourses bien étranges . On ne sait plus trop si on est à la mairie ou à l'abbaye.
On imagine d'ici le protocole d'entrée, digne des rites initiatiques les plus sectaires. Pour avoir le droit de s'asseoir, le postulant devait probablement murmurer le mot de passe sacré : « Je suis né ici ». Suivi de la question fatidique du grand inquisiteur de comptoir : « Certes, mais tes aïeux ont-ils été baptisés dans la Nartuby ? » Si par malheur vous n'avez posé vos valises à Trans que depuis une petite décennie, le couperet généalogique tombait sans pitié : « Désolé, mon brave. Vous êtes encore un corps étranger. Revenez au siècle prochain pour l'initiation. »
Reste une énigme qui plonge les observateurs dans un abîme de perplexité : mais où diable étaient passés les quatre élus de l’opposition ? Les a-t-on oubliés lors du publipostage ? Un bug informatique majeur a-t-il effacé leurs noms du grand livre de la convivialité ? Ou existe-t-il, dans les statuts occultes de cette confrérie, un article secret stipulant que les opposants sont bons pour siéger sur les bancs froids du conseil municipal, mais indignes de toucher aux victuailles de la majorité ? À moins de faire allégeance...

Il ne faudrait tout de même pas confondre la sainte fraternité républicaine avec le très confortable entre-soi de salon. La vraie convivialité ouvre la table au débat ; l’entre-soi trie les fourchettes pour ne pas être dérangé pendant la digestion. Voir le pouvoir municipal s'attabler en catimini avec l’aristocratie du sang local en excommuniant le reste des élus du peuple est, pour le moins, d'un comique absolu.
On attend avec impatience la nomination du Grand Maître de la Confrérie, de son Prieur, de son Trésorier occulte et de son Archiviste en chef, chargé de vérifier la pureté des arbres généalogiques transians sur trois générations.
Il ne leur manque plus qu’une bure monastique brodée aux armes du village pour parfaire la caricature. Pour la prochaine agape dans ce temple du café-restaurant, nous suggérons modestement d'ajouter quatre couverts supplémentaires. Juste pour voir si ces druides de la politique locale sont capables de digérer la contradiction.
Note de la Rédaction : cet article n'est-il qu'une fiction caricaturale? Il n'y a pas de fumée sans feu paraît-il ?




je nous voudrais pas servir de sacrifice 😁