TRANS-EN-PROVENCE : L'ART CONTEMPORAIN, LE BAC À VERRE ET LE GRAND COUAC CULTUREL ?

Quand la médiocrité de l'imagination se déguise en événement patrimonial…
Coup de théâtre ce midi place du Pont Vieux ! Une imposante sculpture rouge écarlate vient de surgir entre les voitures, une caméra de vidéoprotection et les conteneurs à ordures. Installation en catimini, sans explication ni présentation : l'art contemporain transian vient de frapper un grand coup. Ou du moins, quelque chose vient de tomber du camion.

À quelques jours du fameux Parcours d'Arts, annoncé du 25 au 27 septembre avec vingt artistes investissant les lieux patrimoniaux, la municipalité nous offre donc un avant-goût de sa conception de l'événement culturel.
Au programme : peintures, sculptures, Land Art, fresque à la craie, contes et déambulations, du Pont Vieux jusqu'au Puits Aérien.
Tout cela est fort prometteur sur le papier. Mais entre un programme ronflant et une véritable création culturelle, il y a parfois autant de distance qu'entre une promesse du maire et sa réalisation. Comme dit le proverbe, la coupe est toujours loin des lèvres !
LE PUBLIC NE SE DÉCRÈTE PAS À COUPS DE COMMUNIQUÉS
Car la question mérite d'être posée : ces gesticulations patrimoniales attireront-elles réellement des visiteurs, touristes ou simples curieux, dans notre village ?
On connaît pourtant des milliers d'exemples de ces parodies culturelles qui fleurissent un peu partout : de grands discours, des parcours fléchés, quelques installations improbables, des inaugurations solennelles… et, au bout du compte, un magnifique couac.
Le public ne se décrète pas à coups de communiqués. Il se conquiert par l'inventivité, la qualité des propositions et une véritable ambition artistique.

Quant à notre sculpture rouge, elle a déjà trouvé son public : les automobilistes qui cherchent une place, les usagers des conteneurs et la caméra municipale. Pour les amateurs d'art, il faudra peut-être patienter.

Au "Bistro Pastis", le Beagle a observé les photographies.
— Vingt artistes, trois jours et tout ce remue-ménage… Vous croyez qu'ils vont attirer du monde ?
— Pourquoi pas ? répond Roger. Il paraît que c'est un événement majeur.
Le Beagle renifle.
— Majeur ? Comme le doigt qu'on se met dans l'œil quand on confond agitation et création ?
La médiocrité ne peut pas remplacer l'inventivité. Et le patrimoine n'est pas une caution culturelle que l'on agite pour donner des airs de grandeur à une opération municipale.
Rendez-vous donc du 25 au 27 septembre. Nous verrons bien si les visiteurs seront au rendez-vous… ou si cette ambitieuse envolée artistique restera surtout connue des conteneurs à ordures.
Le Beagle, lui, a déjà réservé sa place.
Au pied de la sculpture. À l'ombre.




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