TRANS-EN-PROVENCE : L'ART CONTEMPORAIN, LE BAC À VERRE ET LE GRAND COUAC CULTUREL ?
Dernière mise à jour : 22 sept.

Quand la médiocrité de l'imagination se déguise en événement patrimonial…
Coup de théâtre ce midi place du Pont Vieux ! Une imposante sculpture rouge écarlate vient de surgir entre les voitures, une caméra de vidéoprotection et les conteneurs à ordures. Installation en catimini, sans explication ni présentation : l'art contemporain transian vient de frapper un grand coup. Ou du moins, quelque chose vient de tomber du camion.

À quelques jours du fameux Parcours d'Arts, annoncé du 25 au 27 septembre avec vingt artistes investissant les lieux patrimoniaux, la municipalité nous offre donc un avant-goût de sa conception de l'événement culturel.
Au programme : peintures, sculptures, Land Art, fresque à la craie, contes et déambulations, du Pont Vieux jusqu'au Puits Aérien.
Tout cela est fort prometteur sur le papier. Mais entre un programme ronflant et une véritable création culturelle, il y a parfois autant de distance qu'entre une promesse du maire et sa réalisation. Comme dit le proverbe, la coupe est toujours loin des lèvres !
LE PUBLIC NE SE DÉCRÈTE PAS À COUPS DE COMMUNIQUÉS
Car la question mérite d'être posée : ces gesticulations patrimoniales attireront-elles réellement des visiteurs, touristes ou simples curieux, dans notre village ?
On connaît pourtant des milliers d'exemples de ces parodies culturelles qui fleurissent un peu partout : de grands discours, des parcours fléchés, quelques installations improbables, des inaugurations solennelles… et, au bout du compte, un magnifique couac.
Le public ne se décrète pas à coups de communiqués. Il se conquiert par l'inventivité, la qualité des propositions et une véritable ambition artistique.

Quant à notre sculpture rouge, elle a déjà trouvé son public : les automobilistes qui cherchent une place, les usagers des conteneurs et la caméra municipale. Pour les amateurs d'art, il faudra peut-être patienter.

Au "Bistro Pastis", le Beagle a observé les photographies.
— Vingt artistes, trois jours et tout ce remue-ménage… Vous croyez qu'ils vont attirer du monde ?
— Pourquoi pas ? répond Roger. Il paraît que c'est un événement majeur.
Le Beagle renifle.
— Majeur ? Comme le doigt qu'on se met dans l'œil quand on confond agitation et création ?
La médiocrité ne peut pas remplacer l'inventivité. Et le patrimoine n'est pas une caution culturelle que l'on agite pour donner des airs de grandeur à une opération municipale.
Rendez-vous donc du 25 au 27 septembre. Nous verrons bien si les visiteurs seront au rendez-vous… ou si cette ambitieuse envolée artistique restera surtout connue des conteneurs à ordures.
Le Beagle, lui, a déjà réservé sa place.
Au pied de la sculpture. À l'ombre.




c est toujours moins médiocre que vos livres 💋
Encore un « parcours culturel » prêt-à-penser, vendu par des cabinets de conseil et gobé par une municipalité naïve. On colle trois flèches, une sculpture rouge au milieu des poubelles, et on appelle ça de l'attractivité. Le patrimoine transian mérite autre chose que ce recyclage de recettes éculées.