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TRANS-EN-PROVENCE : QUAND L’EX-MAIRE RESSORT DU PLACARD… AVEC UN TRACT QUI SENT LA NAPHTALINE

 

 


C'était un secret de polichinelle que l'ancien maire avait la volonté de revenir à l'hôtel de ville après avoir quitté son fauteuil majoral après trois mandats, et adouber son premier adjoint de l'époque, aujourd'hui maire, Alain Caymaris. Depuis, il tient permanence sur toutes les terrasses de café — on reconnaît son QG à la quantité de cafés rallongés par table — et il vient enfin de distribuer un tract.

On s’attendait, compte tenu de sa longue expérience de campagne, à un pavé dans la mare.On a eu… un pipi de sansonnet emballé dans du A4.


LE GRAND DEBALLAGE… QUI N’EXPLIQUE RIEN MAIS MEUBLE BIEN


Enfin, pensait-on, nous allions comprendre les raisons de la rupture entre les deux hommes : l’ex-maire ayant quitté l’équipe municipale en début de mandat, les hypothèses les plus croustillantes circulaient, avec bien sûr l’inévitable rumeur « à base de fesses ». Résultat : on reste sur sa faim.

L’explication livrée est d’une banalité affligeante :

— manque d’ambition,

— gestion au quotidien (ndlr : en bon père de famille ?),

— et le pompon : « manque de détermination à harmoniser la vie des résidents ».



Une phrase tellement molle qu’on pourrait l’étaler sur une tartine. On sent le politiquement correct poussé jusqu’à l’hypnose : dire tout… pour ne rien dire. Une démonstration qui aurait mérité, avant impression, un test de crash intellectualité.






DEMAIN ON RASE GRATIS… MAIS À LA TONDEUSE ÉLECTRIQUE DEBRANCHÉE


Comme dans tout tract municipal, on a droit à l’inévitable catalogue :

— revitaliser le centre du village,

— dynamiser l’activité économique à un élu dédié.

Parce qu’un titre à rallonge suffit bien à régler les problèmes structurels. Parce qu’évidemment, nommer un pilote suffit à faire décoller l'avion !

Des phrases qui gonflent comme des baudruches… mais éclatent dès qu’on cherche un contenu.


L’OMS, OU COMMENT DELEGUER LES ENNUIS


Et puis vient la grande annonce : la création d’un Office Municipal du Sport. Pour ceux qui n’ont pas le manuel : l’OMS regroupe les associations sportives et répartit les subventions à la place du conseil municipal, permettant d’éviter les drames d’attribution et les éternels « Pourquoi eux et pas nous ? ».

Une sorte de parapluie politique : on délègue l’impopulaire, on garde le symbole.

Et bien sûr, la petite cerise sur la moquette synthétique : le paddle tennis (sic). Probablement la proposition la plus musclée du programme — au moins, elle permet de transpirer.


LE VERT… PARCE QUE LE PAPIER EST VERT


Le tract est vert. Très vert. Plus vert que la veste de Marine Tondelier sous filtre Instagram. Visiblement, la conversion écologique tardive de l’ancien maire se porte bien : soudain, après trois mandats sans une pâquerette, voilà qu’on nous propose de végétaliser la commune et même de créer un jardin botanique sur la passerelle touristique.

Pourquoi pas un élevage de colibris dans le clocher, tant qu’on y est ?

Alors qu’il existait des idées concrètes, réalisables, simples, utiles :— un espace canin,— une aire de jeux,— un parcours de santé,

L’idée est si déconnectée de l’espace réel qu’on pourrait croire à une expérimentation botanique sous hallucinogènes légers.

Pourtant, il existait des alternatives simples, réalisables et adaptées à l’espace disponible :

— un espace canin,

— une aire de jeux ou de petite musculation,

— ou mieux encore : un théâtre de verdure, un vrai théâtre de plein air, lieu culturel à la fois accessible et cohérent avec le site.

— ou — soyons audacieux — un théâtre de verdure, un vrai théâtre de plein air, lieu culturel à la fois accessible et cohérent avec le site.

Autant dire : tout ce qui manque dans le tract, puisque la culture est cruellement absente du tract comme si le mot lui-même déclenchait des allergies.


LE PASSAGE OBLIGE SUR L’INSÉCURITÉ



Mort de rire en lisant ses lieux communs sur le management d'une équipe. On reconnaît d’ailleurs sans peine l’inspiration : les longues séances de réflexion stratégique aux terrasses des cafés, un verre de rosé à portée de main — carburant officiel des analyses politiques approximatives.


Et vient ensuite l’inévitable couplet sur l’insécurité, rituel obligatoire de tout tract électoral depuis l’an 2000 avant J.-C. Sauf qu’ici, ironie délicieuse : les problèmes qu’il pointe aujourd’hui semblent soudain apparaître… après trois mandats où la prévention et l’anticipation n’avaient pas franchement été des activités prioritaires. Disons que la politique de sécurité de l’époque ressemblait davantage à une sieste au soleil qu’à une stratégie.


LE CONTENANT PÈSE PLUS LOURD QUE LE CONTENU


Pour finir, le tract est imprimé sur un papier au grammage remarquable, presque prêt à servir de sous-verre. Pas très écologique — détail cocasse pour un texte vert — mais probablement nécessaire : il fallait bien compenser la légèreté du contenu par le poids du contenant.


Une technique marketing vieille comme la politique : lorsque les idées ne pèsent rien, rendons l'emballage attirant. Après tout, il fallait bien miser sur quelque chose. Après lecture, une certitude : le grammage est la seule chose solide du projet.

 

2 commentaires

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Invité
29 nov. 2025
Noté 5 étoiles sur 5.

Excellent. Un texte décapant, humour, anecdotes , etc…

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Invité
29 nov. 2025
Noté 5 étoiles sur 5.

Trois mandats de maire et nous proposer pour le développement de la commune un jardin botanique et un padel de tennis c est bien triste de vieillir

Bravo pour votre article. Enfin la démocratie bouge

Merci JP

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