LES COULISSES DE L'HÔTEL DE VILLE DE TRANS-EN-PROVENCE : QUAND LES PLACARDS DE LA POLICE MUNICIPALE PRENNENT DU GALON
- transian citoyen
- il y a 1 jour
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À Trans-en-Provence, le thermomètre estival n'affiche pas encore ses sommets que, déjà, de sacrés courants d’air soufflent dans les couloirs feutrés de la police municipale. Depuis quelque temps, les portes claquent au garde-à-vous, les conciliabules secrets se succèdent et les rumeurs de couloir circulent plus vite qu'un scooter débridé et sans pot d'échappement. À croire qu'un bien mystérieux phénomène météorologique s'est installé au-dessus du poste de police : une sorte de dépression administrative carabinée, accompagnée de violentes turbulences hiérarchiques.
VENT DE PANIQUE AU GARDE-A-VOUS : REMUE-MENAGE A LA PM TRANSIANE

Selon les éminents spécialistes locaux de la vie municipale, comprenez ces chers habitants du cru qui savent toujours tout avant tout le monde, une toute nouvelle direction serait prestement appelée à prendre les commandes du navire en perdition. Quant à certains occupants actuels des cabines supérieures, ils s'apprêtent à découvrir, non sans surprise, les joies indicibles de nouvelles affectations. Il est vrai que, dans la noble administration, on ne prononce jamais le mot tabou de « placard ». On préfère pudiquement évoquer des « réorganisations », des « repositionnements stratégiques » ou de subtils « redéploiements de compétences ». Bref, on change parfois l'étiquette sur la porte de la pièce, mais l'armoire reste désespérément la même.

À Trans, les placards ont d'ailleurs une particularité administrative tout à fait remarquable : ils ne servent pas toujours à y ranger de vieux dossiers. Parfois, ce sont les dossiers eux-mêmes qui semblent y ranger les occupants ! La question mérite pourtant d'être crûment posée : pourquoi ce grand remue-ménage de printemps ? S'agirait-il d'une simple et vertueuse évolution de service, ou d'une tentative désespérée de redorer le blason d'une police municipale dont l'image publique fait régulièrement l'objet de commentaires fort peu flatteurs dans la commune ?
Car sur le terrain, les avis de nos administrés sont pour le moins contrastés. Certains habitants s'interrogent benoîtement sur une efficacité qu'ils peinent parfois à percevoir à l'œil nu. D'autres s'étonnent, non sans malice, que certains problèmes chroniques semblent bénéficier dans le village d'une remarquable immunité administrative.
À l'inverse, quelques automobilistes pressés ont découvert, à leurs dépens, que la rapidité d'intervention municipale pouvait parfois atteindre des sommets d'efficacité jusque-là totalement inconnus de la science moderne. C'est notamment le sujet brûlant des verbalisations en cascade qui continue d'alimenter les conversations de comptoir.
PV À GÉOMÉTRIE VARIABLE ET PLACARDS EXTENSIBLES

Durant la récente campagne des élections municipales, plusieurs proches de listes d'opposition auraient ainsi eu la douce surprise de recevoir de tendres rappels réglementaires, soigneusement imprimés et délicatement glissés sous leurs essuie-glaces.
Naturellement, personne n'ose prétendre qu'il existe un lien de cause à effet quelconque entre l'engagement politique de certains citoyens et les verbalisations opportunément constatées. Les mêmes observateurs sourcilleux s'interrogent simplement sur les étonnantes propriétés de certains PV à géométrie variable. Un peu comme ces phénomènes astronomiques bizarres qui apparaissent soudainement dans certains secteurs bien ciblés et disparaissent mystérieusement dans d'autres. Sans doute un pur hasard statistique. Ou un grand miracle de l'urbanisme électoral.
Toujours est-il que plusieurs contestations en bonne et due forme auraient déjà vu le jour et que certains dossiers corsés dépasseraient aujourd'hui de très loin le simple cadre d'une modeste amende de stationnement. Dans un café fort fréquenté de la galerie commerciale du centre Carrefour, les mots "garde à vue" ont même été très sérieusement prononcés entre deux cafés...

Pendant ce temps, les couloirs de la mairie bruissent d'hypothèses en tout genre, les bureaux changent d'occupants dans un joyeux jeu des chaises musicales, les organigrammes prennent des allures de puzzle de fin d'année et les experts en météorologie municipale surveillent attentivement les mouvements de pression atmosphérique autour du poste de police.

À l'Hôtel de Ville, la bouche en cœur, on assure probablement que tout cela n'est qu'une réorganisation ordinaire et de pure routine. Les habitants, eux, attendent surtout une chose : que leur police municipale fasse davantage parler d'elle pour son efficacité sur le terrain que pour les sombres mystères de ses couloirs. Car lorsqu'un service public devient le sujet de prédilection d'une chronique satirique, ce n'est jamais très bon signe pour les édiles. Et lorsqu'un placard cadenassé s'ouvre soudainement, les citoyens ont souvent la fâcheuse et mauvaise habitude de vouloir regarder ce qu'il contient.
Nous continuerons donc à suivre avec gourmandise l'évolution de cette fascinante faune administrative locale, dont les migrations saisonnières semblent, cette année, particulièrement précoces.




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