FLASH-BACK DES MUNICIPALES TRANSIANES N°4 : LE "WATERGATE" DES CANAUX OU L'ART DU TIMBRE MUNICIPAL...
- transian citoyen
- 30 avr.
- 2 min de lecture


Dans notre série rétrospective « des grands moments de comédie démocratique lors des dernières élections municipales », souvenons-nous de l'épisode mémorable de l'Association Syndicale Forcée (ASF). À l'époque, ma permanence électorale ne désemplissait pas, transformée malgré elle en confessionnal pour les « sans-eau ».
C’était un défilé permanent de contribuables magnanimes, ces citoyens qui versaient leurs cotisations avec une ferveur presque religieuse pour des canaux qu’ils ne voyaient jamais, sauf peut-être en rêve ou sur un vieux plan cadastral jauni.
J’avais eu l’outrecuidance de soulever le tapis pour voir où passait l’eau (et l’argent), documents à l’appui. Un véritable crime de lèse-majesté qui avait réveillé les dragons de l'Hôtel de Ville.
La riposte numérique : Quand le site officiel sort les griffes
La réaction de la mairie avait été d’une célérité exemplaire. En un temps record, le site officiel de la commune, ce temple de l’information neutre et factuelle, bien sûr, s’était mué en tribunal d’exception. On m'y accusait, entre deux annonces de loto et d'élagage, de diffuser des « informations mensongères ». Une belle leçon de communication institutionnelle : quand on n'a pas d'arguments sur le fond, on tire sur le messager avec le fusil payé par les administrés.

Le Mystère des Enveloppes Orphelines

Mais le chef-d’œuvre de cette saison reste l’affaire des boîtes aux lettres. Rappelez-vous : les membres de l’ASF avaient reçu, comme par magie, une copie de l’article vengeur du site de la mairie.
L'enquête de voisinage avait révélé des détails savoureux :
L’absence totale de lettre d’accompagnement : Pourquoi expliquer quand on peut simplement asséner ?
L’anonymat le plus complet : Pas d’auteur, pas de signature. Le courage de l’ombre, une grande tradition locale.
Le bouquet final : Une enveloppe affranchie par la machine de la mairie.
L'ASF, dont le siège social se trouvait (quelle coïncidence !) en mairie, avait-elle confondu sa comptabilité avec celle de la commune ? Ou était-ce un agent zélé jouant au facteur pour la cause ? La question de savoir qui a décidé de cet envoi et au nom de quelle instance reste l'un des grands mystères non résolus de notre histoire villageoise.
Leçon de morale (ou pas)

Avec le recul, cette confusion des genres entre communication de service public et propagande de combat restera un cas d'école. On réclamait de la transparence, on nous a servi de l'opacité affranchie au tarif lent.
Aujourd'hui encore, quand je passe devant une boîte aux lettres, je ne peux m'empêcher de me demander : est-ce un courrier, ou est-ce une nouvelle relique de cette époque où le timbre municipal servait de munitions électorales ?
À JEUDI PROCHAIN




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