L'ÉLU FACE À LA LOI : QUAND LE « SENTIMENT D’IMPUNITÉ » FINIT PAR S’ECRASER SUR LE MUR DU RÉEL
- transian citoyen
- il y a 13 minutes
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Alors que certains pensent que l'écharpe tricolore offre une immunité diplomatique face à la morale et au Code pénal, la sentence vient de tomber à Valenciennes. Le verdict est sans appel : Laurent Degallaix, maire de la ville, vient d’être condamné à cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat.
Ce n'est pas une simple condamnation ; c'est un séisme qui devrait faire réfléchir tous ceux qui, dans nos mairies ou nos intercommunalités, finissent par confondre l'intérêt général avec leur bon plaisir personnel.
Un portrait de l’abus de pouvoir

Les faits sont accablants et illustrent une dérive que nous ne connaissons que trop bien : l’utilisation de la fonction publique pour régler des affaires privées ou punir des opposants.
Embauches de complaisance : Pressions pour faire recruter une relation intime.
Subornation de témoin : Tentative de convaincre une plaignante d'abandonner ses poursuites.
Vengeance politique : Accélération du licenciement d'une femme proche de ses opposants.
La présidente du tribunal de Lille n'a pas mâché ses mots en soulignant une « perte de repères complète » de la part de cet édile qui régnait sur Valenciennes depuis 2012.
Le « Sentiment d'Impunité » : Ce poison qui gangrène la confiance

Pourquoi un élu, déjà réélu malgré un procès rocambolesque, se croit-il autorisé à de tels manquements ? Parce qu’il finit par se croire propriétaire de sa ville plutôt que son serviteur.
Comme le souligne l’association AC !! Anti-Corruption, la justice a rappelé une évidence : un élu qui se permet ce genre de pratiques n'a pas sa place à la tête d'une collectivité. Il doit dégager.
L’exécution provisoire de la peine — qui oblige le maire à quitter ses mandats immédiatement, même s’il fait appel — est le signal fort que les citoyens attendaient. La justice ne tolère plus que des élus condamnés continuent de siéger comme si de rien n'était, en utilisant les recours juridiques comme un bouclier contre l'éthique.
Un message pour tous les territoires

Cette affaire n'est pas qu'un fait divers du Nord. Elle nous concerne tous. Elle rappelle que la probité n'est pas une option.
On ne gère pas une mairie comme une cour royale.
On ne traite pas les ressources humaines d’une ville comme un service de conciergerie privée.
On ne s'attaque pas à la vie professionnelle de citoyens au motif qu’ils ne sont pas du « bon bord ».
Le procureur a parlé de la « gravité des manquements qui ont porté atteinte à l’image des fonctions électives ». C’est là le vrai crime : chaque fois qu'un maire se croit au-dessus des lois, c'est la confiance des citoyens envers TOUS les élus qui s'effondre.
À Trans-en-Provence comme ailleurs, les citoyens sont en droit d'exiger une transparence totale et une rigueur absolue. Car derrière les chiffres d'un budget ou les décisions d'urbanisme, il y a l'argent et la vie de gens qui, eux, ne peuvent pas se permettre de perdre leurs « repères ».
Le temps des seigneurs locaux est révolu. Place à la responsabilité.
Jean-Pierre Chruszez
Conseiller municipal-




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