google.com, pub-4909484088466922, DIRECT, f08c47fec0942fa0
top of page

COMMÉMORATIONS OFFICIELLES : LA RÉPUBLIQUE EN FORMAT SÉLECTIF. QUAND L’OPPOSITION FINIT HORS CHAMP… PUIS HORS CÉRÉMONIE


À Trans-en-Provence, les cérémonies officielles sont toujours présentées comme de grands moments de rassemblement républicain.

On y célèbre :

  • la mémoire nationale,

  • l’unité du village,

  • le respect des anciens,

  • et les valeurs démocratiques.

Enfin… dans certaines limites de protocole.

Le 8 mai dernier, tout était parfaitement organisé :

  • le maire et ses adjoints au premier rang,

  • les élus de la majorité soigneusement regroupés,

  • les soutiens habituels à bonne distance stratégique,

  • et les élus d’opposition installés dans cette mystérieuse zone où l’on est officiellement présent… sans jamais devenir vraiment visible.

Une mécanique bien huilée.


Le protocole du fait accompli


Dans le cortège officiel, un phénomène presque sociologique pouvait être observé. Non pas une consigne. Non pas une manœuvre organisée. Encore moins une quelconque implication des officiels présents, qui suivent simplement un cérémonial installé depuis longtemps. Mais plutôt cette vieille mécanique locale du “ça s’est toujours fait comme ça”.


Au fil des années, chacun finit naturellement par occuper sa place :

  • les représentants officiels devant,

  • les figures connues au centre,

  • les soutiens habituels autour,

  • et l’opposition quelque part dans les marges du paysage républicain.

Personne ne semble réellement décider de cette répartition. Et pourtant, elle se reproduit avec une régularité presque administrative.

Le plus fascinant reste cette forme de résignation tranquille avec laquelle cette situation a fini par devenir une habitude locale : hier encore, l’opposition elle-même acceptait presque qu’il existe, dans certaines cérémonies municipales, des places visibles… et d’autres réservées aux habitants naturels du hors-champ.


Une sorte de patrimoine protocolaire non classé.


Mais toute tradition a ses limites.



Des photos très… harmonieuses



CAPTURE PAGE FACEBOOK DE LA COMMUNE DE TRANS-EN-PROVENCE
CAPTURE PAGE FACEBOOK DE LA COMMUNE DE TRANS-EN-PROVENCE

Cette année encore, près de soixante photos des cérémonies ont été publiées sur les supports municipaux.

Soixante clichés.

Et pourtant, pratiquement aucun élu d’opposition identifiable.

Statistiquement, cela commence à relever d’une discipline artistique à part entière.

Précisons toutefois une chose importante : il serait profondément injuste d’en rendre responsable le service communication de la ville.

Les photographes municipaux ne font probablement qu’immortaliser une mise en scène déjà parfaitement installée avant même le premier déclenchement d’appareil.


Après tout, lorsqu’un protocole implicite organise naturellement les positions, il devient difficile de photographier ce qui reste en permanence derrière le porte-drapeau, le lampadaire, le ficus municipal ou l’épaule d’un adjoint particulièrement bien placé.


Le service communication n’est donc pas à l’origine du phénomène : il documente simplement, avec beaucoup de professionnalisme, une tradition locale qui le dépasse largement.


Et il faut reconnaître à l’ensemble une qualité incontestable : la cohérence visuelle est remarquable.

À côté, certaines photos de mariage paraissent presque improvisées.



Une cérémonie… puis un buffet


CAPTURE D'ECRAN PAGE FACEBOOK DE LA VILLE
CAPTURE D'ECRAN PAGE FACEBOOK DE LA VILLE

Autour du monument aux morts, malgré l’annonce d’un apéritif presque présenté comme un événement historique de la vie locale, l’affluence restait relativement modeste.

Les officiels étaient là. Les proches aussi .Le noyau fidèle également.

Mais la foule populaire semblait avoir oublié de confirmer sa présence.


Curieusement, un léger regain de patriotisme convivial apparaissait toutefois à l’approche du buffet.


Comme quoi, même dans les démocraties locales un peu fatiguées, les chips et les cacahuètes demeurent de puissants instruments de cohésion républicaine.


La République tient parfois à peu de choses.


Une sanction silencieuse


Cette faible mobilisation dit peut-être quelque chose. Non pas sur le respect dû aux anciens combattants, mais sur le malaise créé par certaines pratiques municipales où les cérémonies donnent parfois l’impression d’être devenues :

  • des événements de communication,

  • des vitrines de majorité,

  • ou des réunions d’entre-soi sous drapeau tricolore.

Car lorsque les habitants perçoivent que :

  • certains élus sont volontairement invisibilisés,

  • le pluralisme gêne,

  • et la contradiction dérange

ls finissent souvent par prendre leurs distances. Silencieusement.

Sans scandale. Sans éclat.

Mais avec cette forme d’indifférence polie qui constitue souvent la plus sévère des critiques populaires.


Alors, l’opposition fera sa propre cérémonie



Mais il arrive un moment où même les figurants du dernier rang finissent par vouloir leur propre scène, leurs propres micros… et éventuellement leurs propres cacahuètes républicaines.


Puisque la République municipale semble désormais fonctionner selon un protocole soigneusement balisé, les élus d’opposition envisagent donc d’organiser l’an prochain leur propre commémoration.


Évidemment, certains découvriront immédiatement que la division est une chose absolument scandaleuse.


Ce qui reste toujours fascinant chez ceux qui pratiquent l’exclusion tranquille, c’est leur capacité à redécouvrir soudain les vertus du rassemblement dès lors que d’autres cessent d’accepter leur invisibilité.


Cette future cérémonie n’a pourtant rien d’un contre-monument. Elle vise simplement à représenter aussi ces 56 % de Transians qui n’ont pas voté pour le maire au premier tour, et qui ont parfois le sentiment que la République municipale actuelle fonctionne comme un club privé sous protocole.


Car une commune n’appartient pas à une majorité. Et les cérémonies du souvenir devraient rassembler tous les citoyens, pas uniquement ceux qui figurent sur les photos officielles.


Finalement…


À Trans-en-Provence, il existe aujourd’hui deux façons d’exister publiquement :

  • être dans le cadre,

  • ou être dans la réalité.

Et à force de vouloir rendre l’opposition invisible, la municipalité finit surtout par rendre son propre fonctionnement très visible.

1 commentaire

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
Mallinger
il y a 3 heures
Noté 5 étoiles sur 5.

effectivement, 60 clichés avec les mêmes personnes dessus cela fait beaucoup...au cas où nous oublierions leur visage peut être ?🤔. et constat également quelques soit la manifestation festive ou commémorative, on retrouve toujours la garde rapprochée des bénévoles....bravo à eux pour leur investissement !

J'aime
bottom of page

Divulgation d'affiliation : En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises. Les liens vers Amazon présents sur ce site sont des liens d'affiliation.

En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.