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BIBLIOTHÈQUES : QUAND L’EMBALLAGE DORÉ DES NOUVEAUX MURS MASQUE LA PRÉCARITÉ DE LA CULTURE



À Rians, on inaugure. On déménage. On se félicite. La bibliothèque municipale vient de s'installer dans les anciens locaux de la trésorerie. Sur le papier, le tableau est idyllique : des locaux neufs, une municipalité qui investit 89 340 euros sur fonds propres, et une association, « Les Amis du livre », qui reprend le flambeau avec un nouveau bureau.

C’est une initiative que l’on ne peut que saluer : voir une mairie investir dans la pierre pour la culture est devenu assez rare pour être souligné. Félicitons donc la mairie de Rians pour cet effort financier. Mais une fois le ruban coupé et les discours rangés, que reste-t-il derrière l’emballage ?


L’illusion du bénévolat : La culture au rabais ?



La réalité est moins étincelante que le vernis des étagères neuves. À Rians, comme dans trop de nos communes, la "bibliothèque municipale" n'en porte que le nom. Dans les faits, c’est une structure portée à bout de bras par des bénévoles.

C’est ici que le bât blesse. Malgré toute la bonne volonté et le dévouement admirable de ces passionnés, on assiste à un retour en arrière inquiétant. En déléguant ainsi la culture à l'associatif pur, on transforme ce qui devrait être un pôle de ressources moderne en une "bibliothèque de patronage".


On y retrouve l'ambiance des œuvres paroissiales d'autrefois : un lieu où l'on s'occupe, où l'on échange de bons sentiments, mais qui manque cruellement d'ambition culturelle et de neutralité professionnelle.


La culture n'est plus un droit garanti par un service public expert, elle devient une activité de loisir gérée selon les affinités d'un petit groupe.C’est ici que le bât blesse. Peut-on sérieusement parler de politique culturelle ambitieuse quand le service public repose uniquement sur la bonne volonté de retraités et de passionnés qui se relayent pour tenir des permanences ?


Un contenu décevant sous un écrin brillant



On nous annonce fièrement 8 500 livres et l'achat de 15 nouveautés par mois. C’est honorable pour une association, mais c’est une piètre réalité pour une commune qui veut attirer les jeunes et les écoles. 15 livres par mois, c'est à peine de quoi couvrir les sorties de la rentrée littéraire.


L'investissement de la mairie s'est arrêté aux murs (le contenant). Mais le contenu, lui, reste le parent pauvre. C'est le syndrome de "l'emballage doré" : on met de l'argent dans le bâtiment parce que ça se voit, ça s'inaugure, ça fait de belles photos dans le journal. Mais le fonctionnement, l'animation professionnelle, le fonds documentaire riche et vivant ? On laisse cela aux "amis".


Le risque du titre qui cache le vide

L'exemple de Rians est symptomatique d'une dérive territoriale : on transfère la responsabilité du savoir et de la transmission à des associations. Le succès est alors forcément "à géométrie variable". Parfois ça marche, souvent ça s'essouffle. Et quand les bénévoles s'en vont, la bibliothèque ferme, malgré ses murs à 90 000 euros.


La culture ne doit pas être un simple "supplément d'âme" que l'on délègue pour faire des économies de personnel. Un lieu de lecture sans bibliothécaire professionnel, c'est comme une mairie sans secrétaire : ça peut vivoter, mais ça ne construit pas l'avenir.


Alors bravo pour les nouveaux murs, mais attention : une bibliothèque n'est pas un dépôt de livres, c'est un service public. Et un service public ne peut pas reposer éternellement sur le seul dévouement gratuit des aînés.


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