DPVA : LA TRANSPARENCE TRANSPARENTISSIME AU POINT DE DEVENIR TOTALEMENT INVISIBLE
- transian citoyen
- 6 déc. 2025
- 3 min de lecture

Dans la grande tradition des relations épistolaires à sens unique, l’Association Var 4C — pourtant dédiée à la noble tâche de promouvoir la lecture et le livre, soit l’une des rares activités humaines ne générant ni CO₂, ni nuisances sonores, ni conflits internationaux — attend toujours, depuis près de dix mois, une réponse de DPVa concernant les critères d’éligibilité à une subvention.
Dix mois. Soit presque trois gestations de chatons. Soit la durée moyenne d’une saison d’attente de train en gare de Marseille. Soit… bon, bref : longtemps.
Rappelons que sa demande 2025 a été refusée car le salon du livre de Trans-en-Provence ne répondait pas suffisamment aux critères du développement durable. Sans doute ces perfides romans consommant trop de papier. Ou peut-être ces dangereuses signatures d’auteurs, connues pour provoquer de violents cyclones bureaucratiques. Qui sait.
Toujours est-il que Var 4C pose la question simple, terriblement subversive et probablement contraire à l’ordre établi : Comment constituer le dossier 2026 si les critères restent aussi secrets que la recette du Coca-Cola ?
Pendant ce temps, au rayon Déchets…

Nos voisins de "l’Association pour une gestion citoyenne des déchets en Dracénie", eux, ont connu une autre forme de réussite… disons… aromatisée. Eux aussi ont écrit à DPVa. Eux aussi ont attendu. Eux aussi ont vu le désert postal s’étendre devant eux.
Ils ont même écrit publiquement :
« Comme d'habitude la seule réponse fut le mépris : aucune réaction. »
Une manière délicate de dire : “On parle dans le vide, mais le vide, lui, se porte très bien.”
Mais là, retournement de situation, rebondissement dramaturgique, éclair divin venant du ciel administratif : DPVa a… répondu. Oui, répondu. Certes, pour dire non, mais enfin, ne chipotons pas : dans un monde où même les courriers recommandés se perdent, c’est presque un miracle marial.
La réponse, résumée avec élégance, est la suivante :
« Une rencontre serait prématurée, car rien n’a été décidé. »
Formidable concept : parce que rien n’est décidé, on ne peut pas en parler. La démocratie participative 2.0. L’association réagit très justement :
« C’est justement parce que rien n’est arrêté qu’il faut consulter la population ! »
Oui, mais voilà : consulter la population, c’est compliqué. Les habitants, ces êtres farfelus, pourraient avoir des idées. Voire des avis. Voire — horreur absolue — des objections.
Et puis, imaginez : si on consulte avant de décider, comment maintenir la tradition locale, ce vieux principe sacré, transmis de génération d’élus à génération d’experts :
“Comme ça marche pas, on recommence !”
Il paraît que ce sera même bientôt la devise officielle de la collectivité, brodée en lettres dorées dans le hall d’accueil. On raconte qu’un architecte proposerait un tapis d’entrée qui s’enfonce sous les pieds pour symboliser la trajectoire des projets territoriaux.
Et maintenant ?
Var 4C attend toujours ses critères mystérieux. L’association des déchets, elle, attend des décisions qui, comme les astres lointains, brillent par leur absence mais influencent quand même les marées.
Dans un monde idéal, associations, collectivités et citoyens dialogueraient ensemble. Mais dans un monde idéal, les courriers recevraient des réponses. Et les salons du livre ne seraient pas accusés de détruire la planète à coups de dédicaces
L’INÉVITABLE BOUCLE PARFAITE
À force de ne jamais répondre, DPVa a inventé — sans le savoir — un nouveau modèle administratif : la démocratie circulaire. On envoie un courrier, il tourne, tourne, tourne… et revient exactement au même point : nulle part.
Devant tant de cohérence, certains proposent déjà une solution simple : pour connaître les critères de subvention, il suffit peut-être… d’attendre qu’ils soient refusés. C’est la seule information que l’on obtient avec régularité.
Et pour le traitement des déchets ? Eh bien, puisque rien n’est décidé, tout peut être décidé sans personne. Une élégance redoutable.
Finalement, tout devient clair : ici, l’unique processus durable, c’est l’absence de réponse. Un modèle reproductible à l’infini. Totalement neutre en carbone. Et, à défaut d’être utile… remarquablement constant.
JPC








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